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Titre : l'incendiaire du bus de Marseille | | 2007-12-08 01:54:11 |
    | candleburn Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole.

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L'un des adolescents accusés d'avoir incendié un autobus en octobre 2006 à Marseille a reconnu devant la cour d'assises des mineurs d'Aix-en-Provence, être l'auteur de la mise à feu .
Selon son avocat, Me Dominique Mattéi, le jeune homme a craqué devant l'insistance de sa mère qui, à la barre, lui a demandé de dire la vérité.
"C'était un moment de grande vérité et d'humanité", a-t-il dit. "On connait maintenant le rôle de chacun".
"Pour la défense, la vérité est toujours un triomphe. Pour autant, on reste toujours dans un phénomène de groupe", a-t-il ajouté.
L'instruction n'avait pas permis de définir avec certitude le rôle de chacun des accusés, mais les enquêteurs avaient la quasi-conviction qu'il était bien celui qui avait mis le feu au bus.
Plusieurs des prévenus, qui étaient âgés de 16 à 18 ans au moment des faits, se sont effondrés en pleurs quand leur comparse a détaillé leur rôle. Tous ont fini par reconnaître la véracité des faits.
"En faisant un pas vers la vérité, ils ont fait un pas vers la lumière, vers la réinsertion et, je l'espère, vers l'indulgence dans le coeur des jurés", a affirmé Me Isabelle Terrin, l'avocate d'un autre accusé.
Le principale victime de l'incendie, Mama Galledou, a été brûlée sur 62% de la surface du corps.
La jeune femme de 27 ans a témoigné lundi par visioconférence sans obtenir de réponses à son "besoin de savoir" ce qui s'est exactement passé lors de l'incendie du bus 32, le 28 octobre 2006 dans les quartiers nord de Marseille.
Les prévenus sont jugés à huis clos devant la cour d'assises des mineurs pour "incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation volontaire".
Ils encourent une peine de quinze ans de réclusion criminelle, qui peut être doublée si l'excuse de minorité n'est pas retenue.
Les avocats de la défense espèrent que la "démarche de vérité" des prévenus permettra l'application de l'excuse de minorité.
Le verdict est attendu vendredi soir.
--Message édité par le 05-12-07 à 19:05:02-- ---------------------- Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole. |
| | 2007-12-05 19:12:07 |
 
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Se soigner. Lutter contre un corps brûlé sur 62% de sa surface. Réinventer les gestes simples de la vie. Mama Galledou ne fait rien d'autre, à quelques jours du procès de deux des huit mineurs qui, le 28 octobre 2006, ont incendié l'autobus 32, à bord duquel elle voyageait dans les quartiers Nord de Marseille.
Depuis qu'elle est sortie de l'hôpital d'Hyères (Var), le 13 juillet, cette jeune Française de 26 ans s'est installée dans un appartement avec ses parents, qui l'accompagnent dans son combat sans relâche contre la souffrance. Une minerve enserre son cou. Elle porte des vêtements compressifs, à changer quotidiennement, mais cela n'empêche pas toujours des déséquilibres thermiques, ces sensations brutales de chaud ou de froid provoquées par le déficit de peau, laquelle assure un rôle protecteur.
Mama Galledou a déjà subi huit greffes. D'autres sont à venir. Et les médecins ne pronostiquent pas de «stabilisation» de son état avant la fin de 2008. Elle ne peut s'exposer au soleil, marche avec une extrême lenteur. S'asseoir. Se lever. S'habiller. Manger... «Tout est problématique», témoigne son avocat, Alain Molla. Sans compter les accidents de parcours. Récemment, elle a dû être de nouveau hospitalisée, pour quelques jours, à la suite d'une infection. Dans leur dernier rapport, en mai, les médecins évoquaient une douleur «exceptionnelle», au-delà du maximum d'une échelle qui comprend 7 degrés.
Il y a aussi la souffrance morale. Mama Galledou a confié aux psychologues son mal-être, le sentiment lancinant d'une vie brisée: «On me regarde comme une bête curieuse. Je pleure n'importe quand. (...) J'ai coupé les ponts avec mes amis.» La brillante étudiante et la passionnée de sport à la vie sociale active se sont effacées. «Je n'ai pas fait ces études pour rien, et tout ça, c'est foutu», a-t-elle encore déploré.
Ce premier procès (le second aura lieu devant la cour d'assises des mineurs avant la fin de l'année) constitue une autre épreuve. Y aller? Ne pas y aller? «Elle tranchera au dernier moment», prévient Me Molla. En dépit du huis clos imposé par le tribunal pour enfants à Marseille et d'un parcours sécurisé jusqu'à la salle d'audience, Mama Galledou redoute de se retrouver sous la pression des médias. Et face au rappel des faits.
Pendant l'instruction, cette jeune femme d'origine sénégalaise n'a été entendue qu'une fois - le 21 mars 2007 - sur son lit d'hôpital. Ce jour-là, elle n'a pas été en mesure d'identifier celui qui a allumé l'incendie. Elle s'est souvenue, en revanche, de l'enchaînement des faits.
Le soutien de Sarkozy
Tandis qu'il était encore ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy s'était rendu au chevet de Mama Galledou, le 31 octobre 2006, trois jours après l'incendie au cours duquel elle avait été grièvement brûlée. Cette affaire avait connu un grand retentissement, à l'approche de la campagne présidentielle. Le futur président avait alors préconisé plus de sévérité à l'égard des mineurs multirécidivistes. L'enquête a toutefois révélé que la plupart des mis en cause n'étaient pas dans cette situation, leur casier judiciaire ne portant trace d'aucune condamnation. Le ministre avait aussi réclamé une nouvelle fois la réforme de l'ordonnance de 1945 qui impose un régime spécifique pour les délinquants mineurs. Quelques semaines plus tard, il présentait une loi sur la délinquance à l'Assemblée nationale et dédiait le texte à Mama Galledou.
Lorsque le groupe a attaqué le véhicule, elle était assise à l'arrière. «Moi, j'étais dans mes pensées, a-t-elle raconté aux enquêteurs. (...) Ils ont aspergé avec je ne sais quoi. Ils ont dit: "Sortez! Sortez! " (...) Je sais que j'étais la dernière.» A ce moment-là, elle n'a pas pleinement mesuré le danger de la situation. «J'étais occupée à sortir, poursuit-elle. Je n'étais pas consciente qu'ils allaient mettre le feu. (...) J'ai glissé et les flammes m'ont attaquée.» Mama Galledou indique encore avoir vu l'un des assaillants qui était penché sur une marche du bus. «Il n'a pas attendu que je sois descendue pour mettre le feu», précise-t-elle.
Aujourd'hui, selon son avocat, elle ne fait toujours pas de différence entre les accusés. Pour elle, ils forment un bloc indissociable. B. et C., qui vont comparaître à partir du 25 septembre, étaient les benjamins du groupe. Au moment des faits, ils avaient 15 ans et un casier judiciaire vierge. S'ils reconnaissent leur participation, ils ont du mal à en expliquer les motifs. «Je ne voulais pas passer pour une dinde [auprès des autres]», a simplement déclaré B. Pourtant, selon ses défenseurs, Mes Michel Lao et Anne Carrel, ce gamin scolarisé est issu d'une famille équilibrée: ses parents travaillent; ses deux soeurs aînées ont le bac. Depuis, il aurait pris conscience de la gravité des actes. «C'est l'un des côtés absurdes de l'affaire, estime Me Lao. Car mon client est le fils de M. Tout-le-Monde.»
Faire «comme à Paris»: brûler un bus et passer à la télévision
Au cours de l'instruction, B. s'est montré plus coopératif que ses complices, sans nier son propre rôle dans l'attaque du véhicule. Une opération préparée, d'après lui. A l'entendre, l'instigateur de l'action voulait faire «comme à Paris»: brûler un bus et passer à la télévision. Détaillant le rôle de chacun, B. a désigné nommément celui qui aurait allumé le feu. Et, malgré les menaces reçues en prison, il a maintenu ses déclarations.
Au dire de l'expert psychologique chargé de l'examiner, C., surnommé «Kikilong», est tout aussi incapable d'analyser ses motivations profondes. Petit, chétif, il a l'air d'un enfant de 12 ans, au point d'avoir été l'objet d'un examen par un spécialiste de génétique médicale. «Il a participé à "l'attaque de la diligence", explique son avocat, Philippe Vouland. Quand on le voit, il y a une énorme distorsion entre la bêtise qui caractérise cet acte et ses conséquences, que ce soit pour la victime ou pour lui.»
Dans une confidence à son défenseur, C. avait exprimé, à sa manière, une sorte de remords. «C'est une Sénégalaise, et moi je suis capverdien.» Comme si, d'un seul coup, il s'était rendu compte que Mama Galledou faisait partie de sa famille.
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Cinq des six incendiaires d'un bus marseillais dans lequel la jeune Mama Galledou avait été grièvement brûlée en 2006 ont été condamnés vendredi à Aix-en-Provence à des peines allant de cinq ans dont deux avec sursis à neuf ans de prison, l'un des accusés ayant été acquitté.
La peine la plus lourde - neuf ans - a été attribuée au jeune homme qui, le soir du 28 octobre 2006, avait jeté un mouchoir enflammé dans le bus à bord duquel se trouvait la jeune femme, qui avait été brûlée au deuxième et troisième degrés sur 62% de la surface de son corps.
Deux des accusés qui étaient tous mineurs au moment des faits, ont été condamnés à une peine de sept ans d'emprisonnement. L'un de leurs avocats, Me Thierry Ospital a affirmé avoir "le sentiment d'un verdict équilibré".
"Les jurés ont tenu compte du quartier, des personnalités des accusés et des rôles de chacun car les peines sont graduées", a-t-il estimé.
Des peines de cinq ans dont deux avec sursis et un avec sursis ont été prononcées contre deux autres accusés tandis que le dernier a été acquitté.
Les peines prononcées par la cour d'assises des mineurs sont plus faibles que celles qui avaient été requises par la représentante du parquet général.
Vendredi matin, elle avait demandé des peines allant de 5 ans de prison à 15 de réclusion.
Pour Me Philippe Vouland, avocat de la défense, "la justice des mineurs a été réhabilitée dans ce procès, sans être laxiste". "Cette décision fait la part à l'éducatif. Si le parquet prenait l'initiative d'un appel, ce serait infiniment regrettable", a-t-il poursuivi.
Un souci partagé par les avocats de Mama Galledou. "Je souhaite personnellement, et la famille Galledou aussi, qu'il n'y ait pas de second procès d'assises", a déclaré à la presse Me Alain Molla, estimant que "l'essentiel c'est qu'il y ait eu compromis entre punir et éviter la diabolisation, l'élimination de personnes qui sont mineures".
Me Molla a expliqué que sa cliente n'avait pas envie de revivre encore une fois cette épreuve. "Sa première réaction a été: +Pour moi, c'est fini dans ma tête+", a-t-il rapporté, après avoir eu Mama Galledou au téléphone.
La jeune femme de 27 ans devra toutefois encore affronter en février le procès en appel de deux adolescents, jugés séparément fin septembre pour leur participation à l'incendie. En première instance, ils avaient été condamnés à huit ans de prison ---------------------- Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole. |
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